Lettre à Hippolyte Bayard

A chaque numéro de Cleptafire, l’exercice de style épistolaire est à l’honneur ! Pour cela, nous demandons à un artiste d’envoyer une lettre à un autre artiste ou  à l’une de ses oeuvres… Yann Datessen a voulu envoyé son courrier à Hippolyte Bayard.

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2013 (c) Yann Datessen

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LETTRE A HIPPOLYTE BAYARD

Par Yann Datessen

Paris, 12 Avril 1838,

C’est la nuit improbable dont je me souviens, la nuit la plus noire de tous les âges, c’est ce que je vous écris là, rougissant de n’omettre aucun détail, de ne masquer aucune étrangeté. Plus que de vous présenter mes excuses pour n’avoir réussi à honorer un rendez-vous, j’ai voulu partager avec un ami, le seul véritable que j’ai, cette nuit de douleur terrible, cette nuit dont je ne me remettrai sans doute jamais.

« L’autre nuit donc, la plus noire de tous les âges, enfin seul dans la voiture qui avait conduit six gentilshommes dans les faubourgs, mes pensées s’arrangeaient de ce qu’elles n’étaient plus plombées par Paris, à vrai dire je songeais déjà un peu à vous. Alors que nous nous engagions entre les premiers bois de la campagne picarde, le sommeil devait frapper aux carreaux de ma conscience, conscience qui perdue sur le velours bleu d’une banquette fanée, s’arrangeait de la berceuse des sabots et du vent qui marouflaient ses airs aux flancs de l’attelage. A vouloir estimer la vitesse à laquelle le paysage nocturne s’éloignait, je regardai sur ma gauche par l’encadrement de la fenêtre : nous longions un grand fleuve semblait-il, car sinon plaqués sur sa surface quelques aspects du ciel, au dehors, on y voyait rien. Mon corps lourd de fatigue tanguait au gré des chahuts de la route; parfois, à cause d’un plus gros caillou, il décollait dangereusement et flirtait avec le bord d’où je me reposais. Le brave qui ordonnait aux chevaux avait pour instruction de rallier votre demeure avant l’aube.

Je ne sais plus trop avoir sympathisé avec le sommeil ; avais-je ployer sous le fessier d’Hypnos? Ou entre deux baisers de paupières convolé en justes noces au bras de sa fille ? Un moment me sembla-t-il j’eus bien complètement sombré, et ce malgré la route qui nous réservait un accueil de plus en plus local. Mais l’habitude ces temps-ci de voyager aux confins du monde civilisé m’ont définitivement acclimaté aux conditions les plus crasses et comme vous le savez je me contente de très peu.

Finalement, tout ce dont je me souviens, c’est la roue qui nous lâcha, de l’attraction qui je le confirme est universelle et des jurons de mon hôte qui stoppait ses bêtes. Je n’eus le temps de remettre mes souliers et c’est pieds nus que j’ouvris la porte de la diligence qui venait de dégringoler, le cœur encore tout ému des efforts qu’il ne demandait plus pour aujourd’hui. Le cocher, lanterne à bout de bras, était déjà face au problème et me pria de descendre pour constater; vers lui, dans l’extrême noir, j’avançai à tâtons. C’était grave, pas moyen de réparer, en tous cas pas ici au milieu de nulle part, pas en pleine nuit, sans lumière ni autre aide que mes maigres bras. Dans le silence incompétent que j’offrais, mon compagnon d’infortune s’éloigna un instant, pour calmer des chevaux rendus nerveux de l’arrêt soudain.

Derrière moi, alors que j’inspectais à la lueur d’une bougie l’essieu orphelin de sa roue, j’eus l’impression détestable d’un mouvement ample et reptilien, quelque chose glissait dans mon dos. C’était le fleuve aperçu avant l’accident. Me retournant, il me surprit, j’en fus presque à sursauter. Il coulait à moins de trois mètres de nous. Sa berge, d’après ce que l’on comprenait à l’oreille des gargouillis de ses végétations détrempées, digérait quelque récente averse. Il y avait quelque chose d’anormale dans la nuit, quelque chose d’étrange sur cette berge qui claironnait ces fanfares lugubres, ces plissements de bouches noires. Je restai un instant sans réponse, fasciné par le néant. La symphonie qui tintait dans les quatre coins de l’immensité réduits par la nuit, on eut dit à l’entendre, qu’indépendamment du sens pris par le fleuve elle remontaient à contre-courant de lui, jusqu’à la bouche du déversoir méphitique qui se creusait là, juste devant moi.  J’ai de ces bavardages, hésité un instant avant de m’approcher.

Le fossé qui séparait le chemin de terre de l’apparition fluviale et au bord duquel je m’aventurai avec respect, n’était pas bien large.  Sauf que percuté par le tintamarre du noir dont il montait la garde, il me sembla d’abord infranchissable. Le voiturier entre temps revenu avec quelques outils constatant ma position profondément hypnotique n’eut d’autre solution que de m’écarter pour disposer librement de ses gestes. Le pas que je fis alors, le dernier  dont je puis dire qu’il était bien de moi, m’amenait par-delà la faible lueur de ma vie : il me fallait le franchir ce petit fossé, même par le soir total, même pieds nus, et alors qu’on réclamait mon aide à d’autres taches, il le fallait oui… Cela fut facile, presque anodin.

De l’autre côté de la chaussée, après un modeste saut, dans les premiers décors de la nuit sauvage, je sentis l’herbe et la boue, retrouvai ces quelques repères élémentaires de mon enfance passée sans sabot, et très fier de ma bravade, flanqué de l’allure d’un conquérant sur sa colline, je jaugeai en contrebas l’étendu imperceptible du fleuve. Le sol en pente douce se dérobait mollement, je le devinai, mais rien qui m’inquiéta. Je laissai faire. Puis, parce que du bout de mes orteils je jugeai finalement mal la consistance de ces terres gorgées d’eau, l’explorateur triomphant que je fus devint soudain un naufragé. Cette fois, tout un pan du monticule s’abîma et mes chevilles prises dans la glaise n’y purent pas faire machine arrière. Pour rester sur la crête, j’accélérai ma lutte, par de grands gestes je tentai d’agripper le vide. Rien n’y fit. Haletant à en perdre l’âme, le piège se referma. Croyez le ou non mais le vent tomba alors même qu’à cause de ma maladresse je dérapai définitivement sur la grève et ne pu éviter de mouiller mes pieds aux premières eaux. La température de ce que j’effleurai fut sépulcrale. Certainement j’avais dérangé quelque chose car à mon intrusion l’espace entier se tut; le néant retenait comme son souffle. Au silence constaté je n’en menai pas large. Devant moi la portion aplatie du noir n’affichait pas grand chose : quelques éclats bleus ou violets, des scintillements en échos venus de quelque étoile, rien où l’on put s’assurer du monde réel. Aucune ligne je n’en avais pour repère. Le miroir bougeait certes, mais c’était à la pression de l’air sur la peau qu’on le devinait. J’écartai les bras guidé par l’instinct, pour l’équilibre,  le funambule que je fus s’apprêtait à marcher sur une pellicule d’eau, tentant peut-être le clou de son numéro, n’attendant qu’un roulement du tambour dans les branches.

J’avais l’horizon du monde juste au dessus des chevilles mon ami, la matière sombre des milliers de nuits qui avaient précédé celle-là condensée ici à cette heure, un maelstrom de désespoir pour moi seul. Les pieds au frais, j’étais ce qui se faisait de plus grand dans le coin : ce qui devait être des têtards ou des alevins cachés grouillèrent rapidement en orbite autour de mes orteils, se réchauffant à mes ongles délavés. J’ai voulu revenir en direction de mon refuge qui derrière la nuit n’existait plus qu’à coups de maillet sur un essieu déserté. Or plus j’en avais la volonté plus le noir m’attira; c’était un puit dans lequel j’allais tomber, une force de mille bras qui m’invitait au bain, des sirènes aux ventres ouverts dans lesquels j’allais renaître, dans lesquels j’allais mourir ma vie. Connaissez-vous ce dérèglement pervers de l’âme, cet élan puissant du désir dont rien ni personne ne peut dire d’où il vient, ce qu’il est ?  Connaissez-vous le parfum des peaux de femmes qui rendent fiévreux ? Qui pousserait à tuer ce que l’on aime ? A poignarder des chairs jeunes ? Connaissez-vous les quelques promesses invisibles qui animent les déments ? Quand bien même vous le pourriez ce serait affadir tout ce que j’ai ressenti. Je fus pris de tous les vertiges, illuminé par toutes les ombres. Rien en moi ne résista. Quand mon corps faisait un pas vers la diligence, mon esprit malade m’en réclamait deux en sens inverse. A vrai dire les deux seigneurs de mon être tergiversaient encore que j’avais déjà de l’eau jusqu’aux genoux…  Je m’éloignai, malgré moi.

L’eau me monta aux cuisses. Si je ne contrôlais plus mon personnage, je ressentais pourtant les méfaits de sa crise… Aux frissons endoloris qui me parcouraient l’échine, dans l’aller-retour qu’ils faisaient entre mes jambes et la base de mes premières vertèbres, certains parurent si violents qu’ils eussent pu me démettre les os. Tout poil ou cheveux auraient  quitté ma chair si je n’avais cessé de respirer pour les retenir. On eut dit mes graisses se déchirer pour se dissoudre aux acides terreurs qui les voulaient.  Au bassin parvenues les attaques du froid, l’horizon ressenti me coupait en deux,  oh que je me perdais sans savoir pourquoi, ma guillotine était une lame d’eau, lente et acérée. Je rayonnais de douleur. Les chaleurs internes qui livraient leurs derniers bastions me quittèrent à l’état solides, trop grosses pour le filtre de la peau : j’hurlais miséricorde à mes orifices qui accouchaient de la mort. Il me fallut attendre au ventre puis au torse les arrivées de ces glissières tortures pour qu’un demi-sommeil l’emportât sur la souffrance. La paix venait croyais-je. Bientôt je perdai pied et la sinistre qui me dévorait d’en dessous, patiemment, vaguelette après vaguelette, m’enleva les attributs du corps et les audaces de l’esprit.

Lorsque la gravité me lâcha, que mon corps complètement engourdi oublia de résister, je décollai dans l’oblique paisible des forces aquatiques. L’obscurité fut alors de tous mes sens, enserré dans l’étreinte puissante du fleuve je n’ai plus rien senti, plus rien, enfin libre de descendre là où l’on m’attendait. De ce destin qui n’était plus le mien, tout entier dans le jus funèbre de l’autre nuit, les sensations suppléèrent les pensées, toutes les pensées, elles les exterminèrent même. Férocement. Mes souvenirs suppliciés par le froid ne délivraient plus leur appel élémentaire à survivre, tout n’était qu’immédiat, tout n’était qu’odeur, son et pression sur ma carcasse. Les images qui se formaient au fond de ma rétine restaient à l’envers, mon cerveau incapable de les redresser; aussi je voguais dans le houleux du ciel, avec des lucioles en écaille, entre le récif blanc d’une ouate perchée, j’accompagnai un temps des oiseaux à branchies, des monstres indifférents qui passaient là leur chemin.

Au gré des clappements et autres mixtions mal compris par une oreille devenue étrangère, j’hallucinais des musiques d’eau, des complaintes qui comme l’aède guidait l’agonie d’un mendiant à travers les flots. Parfois je plongeais sous la surface, entrant en pays sonore de quelque béhémot, assommé par les basses extravagantes de leurs voix, celles peut-être de gueules édentées, des vibrations si puissantes qu’elles allaient jusqu’à contrarier les battements de mon cœur. J’en bu des tasses et des tasses, à m’en rendre aviné de démence, la flasque empoisonnée du courant pénétrait au plus loin dans mes poumons. J’ai toussé des bulles si vous saviez, ma vie dans chacune d’elle qui s’envolait. Et je continuais à descendre, m’endormant à reculons, ne sachant plus très bien du dessus ou du dessous sur lequel j’abrutissais encore quelques hypothèses. Les rives se rejoignaient dans mes délires, je mourrai mon ami.

Puis, alors qu’il n’y avait plus rien à espérer, quelque chose d’anodin me rattrapait la raison, voyez-y un miracle, un geste du tout puissant qui à cette heure n’eut plus que cela à faire : le croassement d’un clocher au loin me « réveilla ». Quatre coups. Au premier je débarrassai enfin le brouillard qui possédait ma vue de ses volutes méchantes, c’était comme dessaoulé de la mort elle-même. Au second je vomis l’eau au creuset de ma gorge, ma poitrine se remit à gonfler. A trois puis quatre, à nouveau mes bras me répondirent et je les fis se débattre avec une telle force que l’écume épaisse qui se formait autour de moi aurait rendu jaloux les nuages blancs d’avant l’orage.

Je bramai enfin au secours dans le noir,tentai aussi une façon de nager, puis une autre, sans succès, le courant était fort, trop fort, et pour ne rien arranger, peu à peu, à nouveau conscient de cette soupe des enfers, le froid se rappelait au bon souvenir de mes nerfs ressuscités… Je pleurai. Je pleurai parce qu’à nouveau j’avais mal, parce que j’avais peur, comme l’enfant otage d’un manège incontrôlable, ce cauchemar n’avait-il donc pas de fin ?

C’est au plus terrible de la panique qu’un motif d’espoir embrasait le gouffre dans lequel j’allais bientôt périr : une lumière étrange s’agita sur la berge en aval. Pas plus grande qu’un papillon phosphorescent, je la vis tournoyer autour d’axes de ce qui devaient être des roseaux. Par intermittences elle disparut plus longtemps derrière un décor à contre jour que je ne pouvais m’empêcher d’identifier comme une silhouette humaine. La lumière « mit les pieds » dans l’eau, hésita, revint vers la terre ferme avant de véritablement glisser sur le liquide. Oui peut-être : on venait me sauver. Je m’approchai rapidement. Ces rayons jaunes semblaient vouloir converger avec ma trajectoire. Allaient-ils réussir à m’atteindre à temps ? J’allais vite le savoir…

Ma dernière chance me croisait dans un éclat de fin du monde : parvenu à hauteur, je fus d’abord ébloui, violemment : mes pupilles trop longtemps dans le néant prirent le temps avant de m’informer. Quelque chose me retint par le col, stoppant ma course. A grand peine, je reconnu derrière le soleil qui se penchait une torche, une torche tenue par un bras. Du haut de la coque en bois d’où elle naissait l’ombre me sembla colossale, je cru à une divinité de la nuit, sur sa barque magique un archange éteint descendue pour m’extraire de la lie, Charon qui passait par là… Une voix s’adressa soudain à moi, je compris que ce qui me repêchait n’avait rien de céleste. Parce que la flamme battue par le remue-ménage découvrait un visage, je vis qui était mon sauveur. C’était une femme. Une femme rousse aux cheveux longs, des mèches qui faisaient comme des tentacules vers moi. Dans le tumulte, deux bras blancs, délicats, miraculeux, constellés de taches à beauté essayèrent alors de me hisser au sec. La torche qui avait été posée sur le plat-bord se pourléchait des tensions de nos efforts : je n’étais pas encore tiré d’affaire, il fallait lutter pour ne pas que je passe sous l’embarcation. La femme rousse me parlait, demandait de l’aide aux environs, mais le silence qui régnait ne s’en émouvait pas. Je la regardais. Je la regardais cette apparition, cette apparition qui serrait les dents, ses dents aussi qui étaient blanches. Elle me supplia de persévérer, ses bras tremblaient, le corps inerte que j’habitais, lesté par des vêtements dégueulant du plomb, ne répondait presque plus.

Lorsque la jeune femme décida de me rejoindre dans l’eau, certainement pour mieux assurer sa prise, je vis qu’elle était nue. Je ne m’en étonnai pas. Sa peau si claire sectionna d’abord l’obscurité du ciel, ce fut comme une méduse qui s’était trompé d’éther, une comète anadyomène qui au fur et à mesure qu’elle s’enfonçait dans l’élément où je pleurais, zébra les profondeurs d’un courroux surnaturel. Mon astre évita de peu que je ne fus englouti par le courant qui me tirait obstinément par les pieds : pour maintenant mieux m’emporter dans son sauvetage, la peau blanche se blottit contre moi. Son enveloppe était chaude. Je sentis le récif de ses seins aux creux de mes omoplates, ses avant-bras passèrent dans la serrure glacée de mes aisselles et ses jambes dont je devinais les tendons saillants enserrèrent mon bassin. Elle continuait à me parler. Son accent inconnu était la plus belle chose que j’avais jamais entendu. Ses mots ? Je ne m’en souviens plus : je ne les écoutais pas à vrai dire. Parfois le bout de ses lèvres frôlait mon oreille bleue. Le calme revenait. D’un seul de ses membres libres elle fit des gestes lents qui nous donnèrent un premier élan, nous fendions bientôt la matière dans laquelle j’avais laissé ma raison, nous entraînant tout deux dans une dérive paisible, un sillon élégant derrière nos membres joints. Autour de mon cou tricotèrent quelques-unes des mèches rousses aperçues à sa rencontre, désormais humides, l’une d’elles dévala jusqu’à la commissure de ma bouche et y resta. Mon corps sur le dos, enveloppé dans le filet du sien, avait cette allure de l’insecte endormi dans la toile d’araignée.

Pendant que je m’abandonnai aux réconforts de mon miracle et alors que nous nous écartions des lueurs qui brûlaient leur soûl sur le rebord d’un navire abandonné, je repris un peu mes esprits. Pourquoi l’avais-je trouvée nue cette femme-araignée ? Que faisait-elle là, dans la nuit, au milieu de nulle part ? Nous allions toucher au but de la berge lorsque les premiers mots que je parvins à prononcer lui demandaient ces réponses. Elle ne m’en livrerait aucune. A terre, en sécurité entre ses jambes, je me retournai doucement, endolori par des muscles tétanisés. Assise sur la vase qui avait sali ses flancs, elle me sourit. Fusillé par le dessin bouleversant de sa bouche, je ravisai des mots inutiles. Voyant mon émoi, elle se leva, souffla un rire de femme rousse et me caressa la joue. Elle disparut dans la nuit; la torche de son embarcation tomba à l’eau. Je m’évanouis.

C’est la nuit improbable dont je me souviens mon ami, la nuit la plus noire de tous les âges, la plus lumineuse aussi, c’est ce que je vous écris là, rougissant de n’omettre aucun détail, de ne masquer aucune étrangeté. Plus que de vous présenter mes excuses, j’ai voulu partager avec un ami, le seul véritable que j’ai, cette nuit de douleur terrible, cette nuit dont je ne me remettrai sans doute jamais : parce que j’y ai perdu l’esprit assurément, mais aussi parce que j’y ai perdu les yeux de cette femme pour toujours, ce qui est bien pire.

Je crois aujourd’hui que j’ai bu les eaux du Léthé.

Fidèlement vôtre.

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