CALENDRIER

Prairial est le 9e mois du calendrier républicain qui correspond à la période grégorienne du 20 Mai au 18 Juin.

CLEPTAFIRE est un refuge pour les voleurs. CLEPTAFIRE est une collecte minutieuse de vertiges. CLEPTAFIRE vous cloue au poteau des couleurs, CLEPTAFIRE hisse le drapeau blanc, CLEPTAFIRE hisse le drapeau noir. CLEPTAFIRE aime la photographie, toute la photographie, peu importe le sujet, peu importe le concept, qu’elle soit des contrées du « contemporain », du reportage, ou de la mode, nous accueillons dans cette nef incendiée ceux qui ont quelque chose à montrer, à dire, à brûler… Et qui le font bien.

Dans la rubrique trimestrielle UNE SAISON EN IMAGES nous regroupons, commentons et détaillons les plus belles fulgurances des réseaux sociaux (images publiées chaque semaine dans L’IMAGE DE LA DÉCADE). Picorées de-ci de-là, ces images sont l’air du temps d’un calendrier perdu, des éclairs prométhéens qui zèbrent sur la toile et méritent d’être canalisées.

Prairial est selon Fabre Églantine ce mois « de la fécondité riante & de la récolte des prairies ».

Prairial 221

In memoriam

L’immense Gabriele Basilico s’est éteint en Février dernier… Cet architecte du silence et portraitiste de génie des Béhémots urbains laissera durablement son empreinte sur l’idée qu’on se fait de l’intra-muros. Villes désertées par l’aide du matin, villes dévastées par la guerre, villes défigurées par la médiocrité des hommes, villes humiliées par la mondialisation, mais aussi villes sublimes par son amour sans fin de ces territoires où naissent les utopies du « vivre ensemble ». On doit au maestro d’avoir revisiter tout un pan de l’art du paysage, notamment dans ses variantes maritimes. Les villes et la mer, il aimait nous les montrer, là où immensité et condition humaine s’affrontent et s’épousent, là où cosmos et microcosme se parlent, bref là où nous nous faisons tout petit. Pour ces raisons et beaucoup d’autres, nous voulions lui dire, simplement, qu’il nous manquait.

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Dans le détail

L’auteur : Une pépite glanée au détour d’un web-Art-réseau. Elle est la propriété du photographe roumain Hajdu Tamas, nous ne savons pas grand chose de son auteur, sauf qu’il est né en 1976 et qu’il est aussi vétérinaire ! Son travail habituellement tourné vers le clin d’oeil et l’humour trouve ici une force formidable dans l’habitacle d’un wagon lancé dans le gel de l’hiver… Pour retrouver ses pérégrinations dans les petites villes roumaines, c’est sur son blog : Cliquez ici.

L’image : La magie du temps de pose ! Peu de lumière, mais nécessité de figer une grande vitesse, pas facile : les techniciens apprécieront… Outre la performance, c’est la poésie des oppositions présentes dans l’image (intérieur / extérieur, Chaud / froid, Ombre / lumière, calme / vitesse, etc) qui impressionne tant. Ajoutez à cela que Hadju ne s’attendait surement pas à ramener ce bijou en cherchant son compartiment, décidément le hasard…

À noter : Pour retrouver un peu de cette magie contemplative des trains, nous vous proposons le voyage de Sébastien Tixier dans le transsibérien. Juste pour vous donner envie : « réveillé par les plaines eneigées après la nuit du départ, s’en suit 9288 km, la distance théorique qui sépare Moscou de Vladivostok en Transsibérien. 146 heures de train, réparties sur 8 jours sans escale, photographiées depuis la fenêtre. Pour voyager :  cliquez ici 

L’auteure : Katy Grannan est une grande, une très grande portraitiste New-Yorkaise. Née en 1969, elle est encore trop peu connue, ici en France. Son travail, qui n’est pas sans rappeler celui de Nan Goldin ou pour certaines de ses « gueules », celui de Terry Richardson, est ce mix étrange entre déglingué et onirisme, monde du glauque et repère de la grâce… Ce cliché est prélevé de sa série Westerns. Cleptafire lui a consacré un portfolio, vous l’aurez compris, nous sommes fan… Son site :  cliquez ici

L’image : Un corps comme un pont, un arc de chair rose dans la pente verdoyante d’un après-midi au soleil, un cri de joie, une bouche ouverte comme une autre fleur extravagante des champs; cette contorsionniste rieuse, le modèle de Katy, communique le raz de marée de son bonheur. À l’opposé et avec la même force que le cri équin du Guernica*, l’émotion ici transperce littéralement l’espèce de cage en deux dimensions qu’est le support papier ou virtuel…

À noter : * pour la référence à Guernica : Selon Picasso, le cheval de son tableau représente le peuple espagnol victime du soulèvement des nationalistes. La bouche ouverte sous l’effet de la douleur, la tête rejetée en arrière, observé par le taureau tyrannique, le corps tordu illustrent l’immense douleur subie par un peuple martyrisé. La lance qui provoque l’agonie est la même que celle du soldat romain qui frappe le flanc de Jésus pour abréger ses souffrances.

L’auteur : Très bel univers que celui de l’italien Erik Chevalier (né en 1957) : noir charbonneux, gris chauds, blancs éteints,  textures et cadrages tout à fait originaux. Nous ne savons pas grand chose malheureusement du photographe, son site internet n’étant plus accessible depuis quelques temps et, qui plus est, un nombre d’homonymes assez conséquents sur la toile ne rendent pas faciles les recherches biographiques… D’ailleurs, si jamais vous avez des informations complémentaires à apporter à cette présentation, n’hésitez pas à nous contacter.

L’image : Quelque chose ici évoquée, peut-être, des ambiances du peintre De Chirico, son compatriote italien… En effet, la métaphysique inquiétante inscrite dans les silhouettes, la tension et le hors champs, nous renvoie aux énigmes du surréalisme transalpin. Plus prosaïquement, la rencontre de ces trois corps dans un carré, l’un jeune, l’autre vieux, le dernier bestial, donne un carrefour géométrique contrarié par la solitude de ces âmes errantes… Les histoires à se raconter semblant dès lors riches de symboles.

À noter : Photographie et cheval, une longue histoire qui commence avec Eadweard Muybridge et ses décompositions photographiques du galop. Pour cela il met au point le zoopraxiscope, un projecteur qui recompose le mouvement par la vision rapide et successive des phases du mouvement. Cet appareil, qui se compose d’une grande lanterne de projection, d’un disque de verre présentant sur son pourtour des silhouettes peintes à partir des instantanés et d’un disque fenêtré tournant en sens inverse, servant d’obturateur. La machine est réalisée dès 1879, puis présentée au public européen durant deux ans. Ses travaux le posent en précurseur du cinéma.

L’auteur : Dans la catégorie « auteur inconnu », bis repetita… Nous avons trouver le profil Flickr de Baumundaffe alias Gøren Kiziltas, très intéressant. Ce photographe allemand reste à découvrir, et une enquête virtuelle approfondie s’impose, pour notre part, nous n’avons rien trouvé à l’heure où nous écrivons ces lignes (2012). Savourez déjà cette image et trouvez en d’autres en  cliquant ici

L’image : L’incroyable érotisme de cette image rappellera à chacun que le trouble qui serre la gorge, assèche les bouches, se cache encore quelque part dans nos adolescences refoulées. Que l’on s’en souvienne, c’était aux débuts des corps respirés, aux temps des voûtes belles et des lacs où se refroidir. Point donc besoin de tout montrer : mais ça on le savait déjà…

À noter : À propos de l’adolescence et de ces émois, nous vous proposons de lire l’excellent article de Margaux Duquesne sur la non moins excellente revue OAI 13. Ça commence comme ça : « Révolté, secret, rêveur, témoin du temps qui passe… L’adolescent, si difficile à cerner, est une grande source d’inspiration en photographie. Claudine Doury, Larry Clark, Lise Sarfati et Sandra Mehl ont tenté, eux, d’aller au-delà des clichés. À quels aspects de l’adolescence ces photographes se sont-ils intéressés et qu’est-ce que leurs images racontent d’eux-mêmes ? » Et ça continue ici : Lien

L’auteur : Sandy Skoglund, photographe plasticienne du Massachusetts (née en 1946),  recouvre des objets de peinture vive, les répète, les accumule, jusqu’à l’étouffement. Très en vogue dans les années 80, elle revient sur le devant de la scène grâce à un travail sans ride qui rencontre aujourd’hui les échos de la jeune génération plasticienne, avide d’expérimentations sur l’empaquetage et/ou l’invasion hitchcockienne. Pour (re)découvrir son oeuvre, c’est en cliquant ici

L’image :  l’une de ses plus belles réalisations, elle date de 1980 et s’appelle « Radioactive cats ». Cette installation achetée par le centre Pompidou en 1985, conjugue les irruptions d’une inquiétante vivacité de la couleur et de nombreux chats, ceci dans une morosité grise de deux retraités. Vision apocalyptique d’un monde et d’une époque toujours malmenés entre deux hyper-puissances qui jouait du colt nucléaire et de la roulette russe…

À noter : qu’on classe régulièrement Sandy du côté des néo-surréalistes, elle est, selon nous, plutôt à associer aux démarches sculpturales d’un land-artist tel que Christo, ou des pérégrinations obsessionnelles de la nouvelle figuration comme chez un Erró ou un Cueco…

L’auteur : Sardanapalesque dîtes-vous ? Le britannique Tom Hunter né en 1965, emploie le mot, enfin le dos, à bon escient. Tom, qui est aussi professeur de photographie dans plusieurs universités londoniennes, aborde très régulièrement à travers son travail les thèmes de la pauvreté, de la violence, de la prostitution, et de l’habitat. En témoignent ses magnifiques et très inspirées séries qui sont consultables en se rendant ici

L’image : Il est flagrant comme les photographes, depuis les origines de leur médium, ont toujours été fascinés, obnubilés, complexés (?), par leur cousin germain de peintres. L’œuvre s’appelle « The Death of Coltelli » et est tirée d’une série sur la vie d’un village de la banlieue de Londres, celui de l’artiste en l’occurence :  Hackney pour ne pas le nommer. Bien sûr, la référence est explicite et il est question de la mort de Sardanapale (1827) par Eugène Delacroix.

À noter : Sardanapale, roi légendaire de Ninive en Assyrie aurait été assiégé en son fief de Babylone en 650 avant notre ère. Lorsque il sentit la défaite approcher, toujours selon la légende, il décida de mourir avec toutes ses femmes, ses chevaux et ses objets précieux et d’incendier son palais. Myrrha, qu’on reconnaît à demi allongée sur le lit aux pieds du monarque est une esclave ionienne, sa favorite…

L’auteur : La série « Shelter » du photographe néerlandais Henk Wildschut reçoit en ce moment les honneurs de la profession, nous avons, nous-aussi, reçu comme une gifle… « Né en 1967 à Harderwijk, Pays-Bas, ayant fait ses études à la Royal Academy of Art de La Haye, son travail se caractérise par une vision contemplative souvent éloignées des gens et des situations qu’il photographie et qui confère à ses images équilibre et monumentalité ». Et c’est effectivement très fort…

L’image : « Avec sa série représentant les refuges de fortune de la Jungle, Henk a documenté l’évolution de la situation à Calais depuis 2006 et il a été témoin de la transformation incroyablement rapide des petits camps en ville informelle à partir de 2015. Une ville avec des restaurants, des boulangeries, des mosquées, une église, des magasins et même des hammams. La jungle a été démantelée fin octobre 2016. » Son site : cliquez ici

À noter : « La Jungle ». Les personnes qui occupent ce domaine ont parcouru des centaines de kilomètres pour y arriver, et leur voyage n’est pas encore fini. Calais est le point de départ de leur traversée finale, leur dernier espoir. En provenance d’Irak, d’Afghanistan, du Pakistan, de Somalie, du Soudan et du Nigeria, ces milliers de réfugiés sont à la recherche d’une vie meilleure en Grande- Bretagne, la destination de leurs rêves. En attendant l’occasion de faire cette grande traversée, ils construisent des abris temporaires : sortes de tentes faites de déchets provenant des environs immédiats du camp. Dans le meilleur des cas, les caractéristiques culturelles du pays d’origine les distinguent à peine entre elles. La façon dont les besoins fondamentaux de la vie se manifestent dans ces abris constitue le leitmotiv de ce projet de photographie documentaire, pour lequel j’ai beaucoup voyagé à Calais, dans le sud de l’Espagne, à Dunkerque, Malte, Patras et Rome. Pour moi, l’image de l’abri – partout où il se trouve en Europe – est devenu le symbole de la misère que connaissent ces réfugiés. »

L’auteur : On parlait de surréalisme, en voilà les véritables héritiers et ils sont américains : Robert and Shana ParkeHarrison ( nés   en 1964 et 1968).  Reprenant plusieurs des codes de leur augustes aïeux, de Dalí à Magritte, ce couple abat un travail monstre pour réaliser ses « tableaux ». A base d’innombrables croquis, leur création fourmille d’objets étranges qu’ils inventent et construisent eux-mêmes.  Ajoutez à cela la prise de vue, les temps de postproduction numérique et de traitements quasi pictorialistes de leur tirage, et vous comprendrez pourquoi une préparation de plusieurs mois est nécessaire pour obtenir un tel résultat !

L’image : Icare a du plomb dans l’aile, ou plutôt du bois. S’envoler n’a jamais paru si difficile, si dangereux, si compliqué. Icare ne suit pas les conseils de son père Dédale, et nous le savons : il lui en cuira… Image d’une filiation impossible, d’une humanité qui n’écoute rien, pas même les dieux, il s’agit ici d’une tentative vaine d’embarquer pour un avenir meilleur, parabole éternelle d’une fragilité qui ne s’assume pas, de petits bois avant d’allumer un feu. En attendant le châtiment du ciel, il est toujours un chemin pour les poètes et les photographes, un chemin qui mène sur une île à l’abri des courroux, une île qui se nomme Cythère, et c’est ici

À noter : À cause de ses trahisons répétées, Dédale est jeté avec son fils Icare dans le labyrinthe dont il est l’architecte. Ne pouvant emprunter ni la voie des mers, que Minos contrôlait, ni celle de la terre, Dédale eut l’idée, pour fuir la Crète, de fabriquer des ailes semblables à celles des oiseaux, confectionnées avec de la cire et des plumes. Il met en garde son fils, lui interdisant de s’approcher trop près de la mer, à cause de l’humidité, et du Soleil, à cause de la chaleur. Mais Icare, grisé par le vol, oublie l’interdit et prend de plus en plus d’altitude. La chaleur fait fondre la cire jusqu’à ce que ses ailes finissent par le trahir. Il meurt précipité dans la mer qui porte désormais son nom : la mer Icarienne.

L’auteur : A Cleptafire on aime beaucoup le travail de David Hilliard (né en 1964). C’est qu’ils ne sont pas nombreux les photographes à se frotter au genre… Celui de l’assemblage, celui du polyptyque. Lui aussi nous vient de l’université de Yale, dénicheur de grands talents,  faut dire que les professeurs y sont des messieurs comme Gregory Crewdson ou Philip-Lorca Dicorcia, pas mal, non ?

L’image : « Composées de diptyques ou  de triptyques, voire de quadriptyques, ses œuvres construisent un dispositif narratif saisissant, qui doit beaucoup au cinéma : à la continuité spatiale systématiquement orchestrée par l’artiste, s’oppose la succession chronologique d’événements quotidiens, dont le récit se construit au gré d’écarts minuscules (suite)

Suite : déplacements d’objets, substitutions de personnages, etc… De la sorte, Hilliard nous plonge dans un espace aussi étrange que familier, où se nouent moments d’intimité et de repos, drames familiaux, questionnements et peurs… ». En matière donc d’assemblage d’images, de renouvellement des retables de la renaissance, David Hilliard reste une référence contemporaine, la preuve sur son site en cliquant ici 

L’auteur : Laurent Gaudart photographie les paysages industriels européens : « En dépit d’un travail de repérages, ma démarche ne s’inscrit pas dans un processus documentaire. Contrairement aux travaux (remarquables) de B. & H. Becher ou E. Burtynsky, ma démarche ne vise pas à définir une topographie exhaustive et objective, mais bien à faire naître des images mentales, dans la lignée du personnage du flâneur.

L’image : cette image a été prise à Redcar et Cleveland, une autorité unitaire située au nord de l’Angleterre, dans le comté cérémonial de Yorkshire du Nord en janvier 2013. Gaz, voûtes blanches et brume d’eau, hautes herbes brûlées par le froid, ce sont ces territoires que connaissent les photographes qui voyagent en quête de vertiges à fixer… On y retrouve ce goût pour les no man’s land, les horizons, et le fer des bouts du monde.

À noter : – Qui aimes-tu le mieux, homme enigmatique, dis? ton père, ta mère, ta soeur ou ton frère? – Je n’ai ni père, ni mère, ni soeur, ni frère. – Tes amis? -Vous vous servez là d’une parole dont le sens m’est resté jusqu’à ce jour inconnu. – Ta patrie? – J’ignore sous quelle latitude elle est située. – La beauté? – Je l’aimerais volontiers, déesse et immortelle. – L’or? – Je le hais comme vous haïssez Dieu. – Eh! qu’aimes-tu donc, extraordinaire étranger? – J’aime les nuages… les nuages qui passent… là-bas… là-bas… les merveilleux nuages! – C’est du Baudelaire (Petits poèmes en prose, I (1869). Site du photographe : Cliquez ici

L’auteur : Encore un cheval, encore un italien : Andrea Galvani (né en 1973) qui vit et travaille entre New York et Mexico est professeur à l’Académie Carrara des Beaux-arts de Bergame. Nous présentons ici Death of an image #5 issue d’une de ses séries A Few Invisible Sculptures. Notez que Andrea ne s’arrête pas à la photographie, en effet il dessine, sculpte, filme, installe, et le reste de son exploration de l’image est tout aussi drôle et passionnant… Allez voir :  ici

L’image : En intégrant des éléments cachés dans le décor et en jouant avec des structures et figures telles que des formes symétriques, triangulaires, circulaires ou linéaires, cette non-tête équine recouverte par une structure souple et précaire de ballons remplis d’hélium déforme le sujet, le « censure », tue l’image qu’on en a… Par le volume, un être vivant est comme interrompu, interrompu par une pause visuelle. Non, ceci n’est pas un cheval, ou plutôt si : c’est tout à fait ça…

À noter : Vous pouvez lire l’interview d’Andréa sur le site Le Courrier : Ici. Un extrait : « Pas encore 40 ans, mais il est déjà l’une des figures de l’art contemporain en Italie. Andrea Galvani, à travers photographie, vidéo, dessin et peinture murale, le jeune artiste mène une réflexion sur le statut de l’image. S’il compare son travail à celui du chasseur, c’est bien lui la cible des curateurs, galeristes et autres collectionneurs internationaux. «L’Intelligence du mal», présentée à l’espace Circuit de Lausanne jusqu’au 2 juin, est le premier rendez-vous d’une trilogie. Le volet photographique offre un paysage montagneux, «déchiré, érodé» par une dense fumée noire. L’installation vidéo «La triade de Bichat» propose la désintégration d’une «famille» de six objets soustraits à leur contexte. Entretien avec un artiste rompu à l’échange verbal. »

L’auteur : Dans la rubrique toute républicaine de ce calendrier, vous y trouverez, parfois, souvent, toujours, des comètes mystérieuses, dont le nom seul et quelques traces de leur passage céleste seront à humer.  A ce titre, l’image de Helen Korpak, photographe finlandaise d’Helsinki est tout à fait exceptionnelle, retrouvez-la dans sa galaxie en cliquant ici.

L’image : « Basculant entre l’impersonnel et l’intimité, Helen parle d’espaces ouverts, de nature, de nostalgie et de paysages. Elle met en ligne sur son site des clichés personnels, dont certains d’Anna, son amie et muse. » Coeur en feu d’air, silhouettes de poussière, amoureux incandescents, tout un tas de chose passe au prisme de l’image, dans laquelle on est comme infusé.

À noter : Parce qu’on nous le demande souvent, nous avons effectivement plusieurs « curateurs » qui chassent ces images de jeunes auteurs un peu partout sur le web. En guise de rappel, nous vous proposons de nous suivre sur les réseaux suivants :  Facebook, instagram, et Twitter. N’hésitez d’ailleurs pas à nous faire part de vos propres découvertes ou à nous soumettre vos images…

L’auteur : Place aux (très) jeunes : commençons par Kyle Thompson, ce photographe de Chicago, né en 1992, il fait partie de cette génération dorée dite  instagram qui monte, monte et est en train de bouleverser la fabrique de l’image, la façon de la montrer, de la diffuser. Très présent sur les réseaux donc, très entouré, il est bourré d’idées, de talents, encore quelques années à tenir le cap et ça va faire très mal… Pour s’en convaincre : cliquez ici.

L’image : Lors d’une interview donnée en 2014 au magazine Hi Fructose, il expliquait en quoi les lieux délaissés l’intrigue : « Je trouve qu’il y a une véritable beauté dans ces espaces vides. Je m’intéresse à la façon dont les gens vivaient à l’époque. Ces maisons abandonnées nous en donnent un indice […]. C’est fascinant de pouvoir rassembler ces différents éléments pour en apprendre davantage. » Passionné par ces lieux, le jeune photographe a fini par leur dédier une série entière : Ghost Town.

À noter : En parlant de lieux abandonnés, nous avons découvert ce drôle de safari photo : ça se passe à Charleroi, en Belgique, ville d’un ancien bassin minier réputée aujourd’hui la « plus laide du monde »… Charleroi adventure vous propose de découvrir l’endroit où la mère de Magritte s’est suicidée, la maison de Raymond La Science (de la bande à Bonnot), le métro fantome, la rue la plus déprimante de Belgique, et de grimper au sommet d’un terril… Tout un programme : ici

Les auteurs : La série Eyes as Big as Plates des non moins jeunes scandinaves : La finlandaise Riitta Ikonen et la norvégienne Karoline Hjorth a de plus en plus de visibilité. Les deux créatrices qui se sont rencontrées lors d’une résidence d’artiste ont imaginé ce projet traitant du folklore nordique et cela donne des images tout à fait saisissantes. Cette série que nous vous conseillons vivement de regarder a son propre blog : ici

L’image : Dans le magazine Pyramid il est dit : « Présentant des personnes retraitées, photographiées dans de somptueux cadres naturels, et en partie couverts ou coiffés de végétaux (ou même de poissons !), la série est un hommage aux forces naturelles et humaines. D’anciens angriculteurs, professeurs, pécheurs ont joué le jeu et promènent tout au long de la série leur regard émouvant, leur silhouette encore solide et leurs rides si expressives. »

À noter : Dans la même veine, on pense à la démarche de Charles Freger. « Charles Fréger est d’abord connu pour ses séries de portraits photographiques de personnes en uniformes (gardes nationaux, légionnaires, sumos, patineuses, majorettes,…), qui jouent sur le rapport entre les signes d’appartenance à un groupe et l’individualité de la personne qui revêt l’habit. Cette vocation documentaire lui est venue à Rouen alors qu’il était encore étudiant aux Beaux-Arts et s’était essayé au portrait de marins en escale : « En une journée, tout a basculé. J’ai vu que c’était mon monde. Je travaillais déjà sur la sérialité. Dans l’uniforme, il y avait quelque chose de conceptuel, de froid, que j’aimais ». Son site : cliquez ici

L’auteur : Né en 1975, Jonathan Steelandt est originaire de Belgique où il vit et photographie « son quartier de Ruisbroek, sa famille, les gens qui l’entourent ». Notez que Jonathan dans des séries plus récentes explore aussi des régions beaucoup plus éloignées.

N’ayons pas peur des mots -ni des images, il a réalisé un véritable chef-d’oeuvre avec ce shooting en nous plongeant, avec ce petit garçon, au coeur du noir et du rouge, au coeur de la nuit des adultes, là où gisent les viandes, là où volent les insectes, là où jouit parfois la mort. Pour découvrir le travail de Jonathan, il suffit de : cliquez ici

L’image : La carcasse, la charogne, la plaie, la blessure, le flanc ouvert sont des sujets récurrents de l’histoire de l’art (et surtout de la peinture). On pense bien sûr au boeuf écorché de Rembrandt mais aussi à ceux qui ont pris la suite comme Chaïm Soutine et Francis Bacon après lui, on pense aussi, dans les lettres, à la charogne de Charles Baudelaire… En questionnant la mort,  explicitement et sans ambages, en se frottant aux mouches et aux odeurs, nous accédons immédiatement à l’émotion, même si c’est un haut-le-coeur, une leçon pour qui voudra en donner sa version…

À noter : « L’artiste Chaim Soutine a une fois horrifié ses voisins en gardant une carcasse d’animal dans son atelier, afin qu’il puisse le peindre (carcasses de viande de bœuf). La puanteur les a conduits à envoyer la police, qui a rapidement reçu une « leçon » de la part de Soutine sur l’importance relative de l’art plutôt que l’hygiène. Soutine a peint 10 oeuvres d’art de cette série, qui depuis est devenue la série la plus emblématique. » Source